l'homme d'épée et la guerre






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Pour un article plus complet





Mousquetaire du Roi

A la mort de son père, le jeune marquis, qui n’a que sept ans, est pris en charge par son oncle maternel le marquis de Gassion. Dès ses quatorze ans, accompagné d'un secrétaire et de deux domestiques, il s'installe à Paris dans l'hôtel familial de la paroisse Saint Sulpice.* Sa mère donne ordre d'engager les services d'un maitre de musique pour enseigner le violon, d'un maitre de mathématiques, d'un maitre d'écriture, et d'un maitre de danse, complétant ainsi l'éducation assurée par l' inscription à une Académie formant aux sciences, aux exercices militaires, à l'équitation ainsi qu'aux pratiques mondaines.
*
On sait que Madame de Poyanne a habité rue Ferou, près de Saint-Sulpice du temps de Madame de Maintenon - cette même rue où logeait Athos dans Les Trois Mousquetaires !
Pris en charge et aidé par un réseau de nobles gascons, il mène déjà la vie d'un jeune noble fortuné: salons, diners, comédie, opéra, chasse. A cette époque il fréquente régulièrement le Maréchal de Roquelaure, M de Pons, M de Chauvelin qui le reçoivent, voit aussi M de Roquepine, de Borda, d'Amou, même l'éveque de Dax, se rend à Versailles , rencontre les ducs d'Antin et de
Gramont.





Ainsi protégé, à l'age de 15 ans, en Juillet 1733 il achète un cheval au Chevalier d'Entraigues pour entrer le 5 septembre dans la deuxième Compagnie des Mousquetaires du Roi, dite des Mousquetaires noirs,
l’un des corps militaires les plus prestigieux du royaume où se fait l’apprentissage de la haute noblesse d’épée.( Caserne de la rue Charenton à Paris)


( archives départementales du Gers - Etat des dépenses du marquis de Poyanne depuis le 28 avril 1732).

Capitaine de cavalerie

Un an plus tard, le 25 mars 1734 il est fait capitaine au régiment de cavalerie de Royal-Etranger, le premier régiment étranger de cavalerie. Il se trouve au siège de Philisbourg.

Gendarme de la Garde du Roi.




Le 11 mars 1735 il est nommé troisième guidon des Gendarmes de la Garde (porte étendard), avec rang de maître de camp de cavalerie (la charge de guidon a été achetée le 16 04 1735 pour 100 000 livres), et participe à la campagne sur le Rhin. Il devient deuxième guidon, le 28 octobre 1739, puis premier guidon, le 20 janvier 1740.
"Pour être admis aux Gendarmes de la Garde il fallait être noble, point trop jeune, d'agréable tournure, de figure convenable et distinguée. Aucune taille n'était imposée, mais le candidat devait avoir "un revenu suffisant pour pouvoir servir et se soutenir honorablement sans le secours de la solde".





Colonel du régiment de Bretagne-cavalerie

Nommé maître de camp, lieutenant colonel du régiment de Bretagne-cavalerie, par commission du 29 août 1741 à la mort du marquis de Gassion son cousin germain. « Ce jeune homme, qui n’a jamais eu la petite vérole, s’est enfermé avec son cousin; la première chose que M. de Gassion ait faite après la mort de son fils, a été de demander le régiment pour M. de Poyanne » (mémoires du Duc de Luynes).



Bretagne-cavalerie en 1745

Il se démet alors du guidon des Gendarmes et rejoint son armée en Westphalie, passe l’hiver dans le duché de Berg avant de se rendre au mois d’Aout 1742 sur les frontières de Bohême avec la troisième division de l’armée. Il se trouve à la levée du siège de Braunaw, se distingue à la prise de Schmidmill et au ravitaillement d’Egra.


Rentré en France, il combat sous les ordres du maréchal de Coigny en Haute Alsace, avant de servir à l’armée du Rhin en 1744.
Le 2 mai 1744, lui est accordé le brevet de brigadier et, employé en cette qualité, il se trouve à I'affaire d'Haguenau; marche au siège de Fribourg; puis employé pendant l'hiver à l'armée du Bas-Rhin, sous les ordres du maréchal de Maillebois, par lettres du 1er novembre, il se trouve à la prise de Cronembourg, au mois de mars 1745. Employé, le 1er avril suivant, à la même armée, commandée par le prince de Conti, il se distingue au passage du Rhin, le 19 juillet, et y est fait prisonnier de guerre à l'arrière-garde.
Employé, le 1er mai 1746, à l'armée commandée par le prince de Conti; il servit d'abord sur la Meuse, puis entre Sambre et Meuse, pendant les sièges de Mons et de Saint-Guilain ; au siège de Charleroy; couvre, avec l'armée du roi, celui de Namur, et combat à Raucoux.
Employé à l'armée du roi, le 1er mai 1747, il se trouve à la bataille de Lawfeld, et finit la campagne, sous le comte de Clermont.

Maréchal de camp

Promu maréchal de camp, le 1er janvier 1748 (officier qui règle le campement et le logement de l’armée, la reconnaissance et détermine l’ordre de bataille). Il se démet et vend, comme cela doit, son régiment de Bretagne en 1749.

Inspecteur Général de la cavalerie et des dragons

Par commission royale du 27 septembre 1754, il est nommé Inspecteur Général de la Cavalerie et des Dragons.
Il sert comme maréchal de camp au camp de Richemont, sous les ordres de M. de Chevert, par lettres du 31 juillet 1755. Employé à l'armée d'Allemagne, par lettres du 1er mars 1757 il se rend à Dusseldorlf, dès le 25 avril; combat à Hastembeck; concourt à la conquête de l'Électorat de Hanovre; marche vers Zell à la tête de tous les Carabiniers; sert pendant l'hiver, sous les ordres du maréchal de Richelieu, par lettres du 29 novembre 1757 et sous le comte de Clermont , par autres lettres du 27 janvier 1758, et continue de servir à la même armée, par lettres du 16 mars.

Lieutenant Général des armées du Roi

Créé lieutenant général des armées du Roi, par pouvoir du 1er mai 1758, avec des ordres pour commander en cette qualité (C’est le grade le plus élevé après celui de maréchal de France , titre conservé à vie même si les fonctions sont très temporaires et remplies par roulement); il combat avec valeur à Crewelt le 23 juin 1758. Le comte de Gisors commandant les carabiniers du Comte de Provence ( frère du Roi qui lui avait donné ce régiment en mai1758) y meurt des suites de ses blessures. Poyanne obtient aussitôt la charge qu’il conserve jusqu’à sa mort.

Lieutenant et Inspecteur des Carabiniers

Par commission du 7 juillet 1758, le marquis est nommé lieutenant et inspecteur du régiment de Royal Carabiniers de M. le comte de Provence, donné par le roi à ce petit-fils, alors agé de trois ans, le 13 mai de la même année. Il succède au comte de Gisors, mort à la bataille de Crefeld, qui en assurait le commandement reel depuis quelques semaines seulement.

Ce régiment est composé de cinq brigades de quatre compagnies chacune.

C’est à cette époque qu’il est même le protecteur du jeune et déjà turbulent Donatien, marquis de Sade, pour lequel il intervient, sur recommandation particulière de Madame de Pompadour, et obtient pour lui, malgré sa taille modeste, une commission de cornette (porte drapeau) au régiment qu’il commande (dans la brigade Saint André)




Il est détaché au mois d'octobre, avec 2000 hommes, pour se porter sur Drentwort, et ayant apprenant que le corps entier des chasseurs ennemis est à Herberen, il prend aussitôt ses dispositions pour l'attaquer, ayant d'abord forcé 100 grenadiers et 100 chasseurs retranchés dans une ferme, où ils se défendent avec valeur, il chasse ensuite les ennemis d'Herberen, après un combat d'une heure et demi, tue 2oo hommes, fait prisonniers 5 officiers et 80 grenadiers, et met en fuite la cavalerie ennemie. Le 25 du même mois, il joint le marquis d'Armentières en avant de l'armée, et oblige, par ses manœuvres, le général Kilmansegg à rentrer dans Munster, d'où il ne peut sortir.
Employé à la même armée, sous M. de Contades, par lettres du 1er mai 1759, il commande la Gendarmerie et les Carabiniers à la bataille de Minden, où il est blessé. Blessé à nouveau d’un coup de feu à la bataille de Todenhausen
Il commande, le 17 octobre, un fourrage général, où il bat un détachement considérable des ennemis qui veulent lui disputer cet objet. Employé à l'armée du Bas Rhin, sous le maréchal de Broglie, par lettres du 1er mai 1760, et commandant un corps de troupes considérable, il s'empare, le 8 juin, du poste d'Holsdorff; occupe peu de jours après Frankemberg sur l'Eder; se trouve aux combats de Corbach, les 10 juillet et 9 septembre, et à un fourrage général, commandé par le prince de Condé. Il continue de servir à l'armée du Haut-Rhin, par lettres du 8 mars 1761, et contribue beaucoup aux succès dès journées des 21 et 26 du même mois, après lesquelles les ennemis battus sont obligés de se retirer avec précipitation. Le marquis de Poyanne fait attaquer, le 26, l'arrière-garde du prince héréditaire, la culbute, lui prend un colonel, un commandant de hussards, 60 hommes et 4 pièces de canon. A la tête d'un corps considérable de troupes, il fait, le 10 octobre, ses dispositions pour attaquer le général Luckner; mais ce général se retire sur Homelen, d'où il gagne Hildesheim. Le marquis de Poyanne commande l'arrière-garde lors du départ de I'armée pour prendre ses quartiers d'hiver, et ne se laisse point entamer par l'ennemi. Il passe l'hiver à l'armée, et y est employé en qualité d'inspecteur général au doublement des régiments de cavalerie, prescrit par l'Ordonnance royale du 1er décembre. Cette opération finie, le marquis de Poyanne se rend à Gotha, où il commanda jusqu'à l'ouverture de la campagne.

Il obtient enfin le commandement en chef des carabiniers qu’il conserve jusqu’à sa mort en 1781


carabiniers




Un contemporain écrit avec malice : "Monsieur de Poyanne qui tourmentait ses carabiniers pour l’équitation et qui tombait de cheval a tous les exercices"



le courtisan à Versailles




Cérémonie de remise de l'ordre du Saint-Esprit
en la chapelle de Versailles


Léonard de Baylenx, et sa première épouse, sont « présentés » au roi Louis XV et à la Cour en 1750 (Il a 32 ans, elle en a 20). Cette présentation est le suprême honneur pour un gentilhomme, qui permet en particulier, après avoir justifié de ses quartiers de noblesse et prouvé ses titres, de chasser avec le roi, monter dans les carrosses de sa suite et souper dans les petits appartements, mais surtout ouvre le droit et l’opportunité d’obtenir des charges. Le marquis fut invité à ces soupers , la première fois le 3 janvier 1751, avant d'y retourner à plusieurs reprises.



Les textes montrent bien l'attachement des nobles de province au rôle de la cour, et l'importance que peut alors prendre cette « présentation » au Roi. Le Marquis entre ainsi dans un subtil système de dépendances, de hiérarchie, de récompenses et d’honneurs, en contrepartie des services rendus par sa famille, fidèle depuis plusieurs générations à la couronne royale. Vivre à la Cour suppose aussi avoir les moyens financiers nécessaires. Ce n’est pas le cas pour l’écrasante majorité de la noblesse, mais il semble bien que le Marquis de Poyanne ait ces moyens. On sait que la charge de maître de camp d’un régiment de cavalerie est très onéreuse et n’est accessible qu’à une haute noblesse d’épée, le rang et la fortune comptant alors plus que la valeur militaire. A cette époque le marquis loue et réside déjà dans l’aristocratique rue du Bac, au faubourg Saint Germain, en face des Tuileries, près du séminaire des Missions Etrangères et de l’hôtel des Mousquetaires-gris. La demeure noble par excellence à cette époque n’est plus le château mais bien l’hôtel urbain, à fortiori dans le faubourg Saint Germain puis Saint Honoré. Puis il préfère louer, en 1761( son épouse meurt le 10 juillet), l'hôtel Chanac de Pompadour (au 142 rue de Grenelle, actuelle ambassade de Suisse).
Il côtoie le Roi, et surtout Madame de Pompadour dont « il est du parti » précise le marquis d’Argenson. Il est en effet cité parmi ceux qui fréquentent assidûment Trianon où, contrairement à Versailles, on n'est admis que sur invitation, nominative de surcroît.



Ainsi dans ses mémoires, le duc de Luynes précise en 1753 : « les hommes qui y sont presque toujours sont M. de Soubise, de Luxembourg, d’Ayen, de Gontaut, de Poyanne, quelquefois le baron de Montmorency, toujours M. de La Vallière ». Il y dîne régulièrement, et il est cité en mai 1756 parmi ceux qui »ont permission de faire leur Cour ». Au même titre que Soubise, ami et confident du Roi, le marquis de Poyanne semble être un protégé de Madame de Pompadour. C’est à elle, et « par la faveur obstinée des cabinets », qu’il doit, selon certains, la charge de commandant des carabiniers. Le marquis d’Argenson, frère du Secrétaire d’Etat de la Guerre, ajoute : « Mon frère a cédé sur l' affaire des carabiniers .Ainsi tout va-t-il, les hommes ne sont plus faits pour l' Etat depuis que la marquise gouverne, mais l' Etat pour les hommes ». Un jour que le roi Louis XV allait chez la reine il rencontra M de Poyanne, a qui il dit: "Je viens de vous nommer colonel du régiment de Bretagne. Le marquis de Souvré rangé par hasard à coté de M de Poyanne s'ecria avec un ton de surprise; " Vous le savez donc, Sire" faisant allusion a la volonté des conseillers qui prévalait sur celle du monarque. Le roi piqué lui tourna brusquement le dos ( souvenirs d'un homme de cour anonyme 1788 )

De 1751 à 1756 en particulier, il fréquente les soupers du roi et de la marquise dans leurs cabinets. Il est alors parmi la vingtaine de courtisans et courtisanes accompagnant régulièrement le roi et sa maîtresse dans les « voyages » à Trianon et les cabinets du petit pavillon français ( avec Madame de Mirepoix, la duchesse de Brancas,dame d'honneur, la marquise de Livry, madame de Marchais, la marquise d'Estrades, la comtesse de Pons...toutes dames de la société habituelle de la marquise de Pompadour, le prince de Soubise, le duc de Luxembourg, le duc d'Ayen, le marquis de Montferrand, le baron de Montmorency, le marquis de Meuse, le duc de Chevreuse, le duc de Chaulnes, etc.)



On le voit à Versailles, mais aussi régulièrement aux chasses à Compiègne et Choisy, au château de la Muette, à la table du roi, intime du Duc d'Orléans dont il devient capitaine des chasses de Vincennes en 1752, chez le prince de Soubise . Favori de Madame de Pompadour, intime de Louis XV, il " fait sa cour" entre deux campagnes militaires ... et se vexe lorsqu' il est écarté du cercle :
Le 23 juillet 1753 à Compiègne, la résidence préférée de Louis XV, il est, à l'occasion des traditionnelles manoeuvres militaires, au souper avec le Roi, la marquise de Pompadour, madame d'Estrades,  le prince de Condé, le prince de Turenne. Mais le 25, la table du roi comptant trente couverts, Poyanne n'en fut pas.Un témoin raconte:

Le 25 au soir, je suivis le Roi au camp, où il monta à cheval pour voir manœuvrer le régiment du Roi, qui marcha au mieux et tira au plus mal. Cela mena jusqu'à la nuit, que le Roi entra sous les tentes où il joua et soupa ensuite, sous ces grandes tentes, à une table de trente couverts. Je menai les dix qui n'y pouvaient tenir, dans une autre tente où nous soupâmes avec le maréchal de Duras , qui but bien, et plusieurs autres. Cela fit tracasser tout le monde du voyage, car l' on s'était fait écrire, comme pour Choisy. Ayant voulu souper ou à la table, ou sous la même tente que le Roi, MM. d'Armentières et de Poyanne allèrent bouder dans la plaine.
( journal du duc de Croy - 25 juillet 1753 )




Versailles - aile nord des courtisans -

Comme tous grands seigneurs comprenant que la présence à la Cour est une condition indispensable pour bénéficier de la faveur royale, Poyanne dispose d'un logement au château de Versailles. Les Archives Nationales conservent d'ailleurs un plan légendé du projet d'appartement qui lui était promis en mars 1769. De fait il s agit d'un petit logement d'une pièce avec cheminée, et une retombée d' entresol, situé au second étage, sous les toits, dans l'attique de l'aile nord édifiée par Jules-Hardouin Mansart. On sait qu'il en dispose encore en 1777.

Cela agace parfois les militaires: "Je ne m'accoutume point à voir que l'on veuille des grâces, des grades, des récompenses, et des agréments, et que l'on se soit pas prêt à tout faire. Mr de Poyanne est assez bien traité du Roy pour se livrer au service pendant toute la Guerre" (lettre du duc de Belle Isle au maréchal de Contades le 24 10 1758)




Le château de Petit-Bourg

à Evry, au bord de la Seine, proche de la route de Fontainebleau et de la forêt se Sénart. .



Ancienne propriété de Madame de Montespan, qui y accueillit Louis XIV et s'y retira après sa disgrâce, puis de son fils le duc d’Antin, surintendant des bâtiments du Roi, ce château avait servi plusieurs fois de rendez vous de chasse à Louis XV, avant d’être démoli en 1750 et totalement reconstruit, dans le style néo-classique, en 1756, par l'architecte Jean-Michel Chevotet pour Marie Jacomel, la veuve de Louis Chauvelin, président du Parlement de Paris. Le marquis de Poyanne l’achète à ses héritiers, avec son beau-frère et collègue  inspecteur de la cavalerie et des dragons, Augustin Louis Marquis de Ray.


Le marquis de Poyanne y reçoit le jeune Roi et Marie-Antoinette accompagnés de la Cour, sur leur chemin vers Fontainebleau, après avoir organisé une revue de ses troupes 

Leurs Majestés et la famille Royale firent l'honneur au marquis et à la Marquise de Poyanne de diner au château de Petit-Bourg.
Le Roi fit ensuite la revue des dix Escadrons où il fut reçu et salué par Monsieur, et vit les manoeuvres, qui furent commandées par Monsieur, et exécutées avec la plus grande célérité et le plus grand ordre.
Sa Majesté a daigné témoigner au Marquis de Poyanne combien Elle étoit satisfaite de la beauté distinguée du Corps et de la manière dont il avoit manoeuvré ".

Gazette de France du lundi 17 octobre 1774




Ce château sera par la suite transmis à la maison d’Orléans et offert à la duchesse de Bourbon. Occupé puis incendié par les Allemands en 1944, il a aujourd’hui disparu.
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Quelques mois plus tard, le marquis participe à la pompeuse cérémonie du sacre de Louis XVI à Reims le 11 juin 1775. ll est en effet l'un des quatre chevaliers du Saint-Esprit , vêtus du grand manteau de l'Ordre, placés dans les quatre premières hautes stales du choeur,  chargés des offrandes. Pour lui, sur un coussin de satin rouge bordé de franges d'or,  une bourse de velours rouge brodée d'or dans laquelle sont treize pièces d'or qu'il apporte jusqu'au trône du roi avant d'accompagner celui-ci jusqu'à l'autel.


13 juin 1775- Hommage des Chevaliers de l'Ordre du Saint-Esprit



L’hôtel de Poyanne à Paris.



La seconde marquise de Poyanne, séparée de biens, avait acheté en 1754, avant son mariage, aux héritiers du chancelier d'Aguesseau, l’hôtel particulier construit vers 1720 par celui-ci, situé à l’emplacement du n° 41 rue du faubourg Saint Honoré, vis à vis de la rue d'Aguesseau (et donc voisin de l'hôtel d'Evreux - actuel palais de l'Elysée - que le roi a acheté un an plus tôt pour l'offrir à Madame de Pompadour). Le lot était composé de trois immeubles qui prirent le nom de Grand et Petits hôtels Poyanne. Il est dans ce qui constitue à l'époque un des plus beaux quartiers de Paris, ses jardins à l'arrière donnant sur le grand Cours des Champs Elysées. A sa mort, ils reviennent à son frère Louis Erard de Ray qui les lègue par testament à Marie Caroline Rosalie de Baylenx Poyanne, petite fille de la marquise et épouse du Prince de Chalais Talleyrand. Il semble qu'elle l'ait vendu en 1807 au comte Le Pelletier de Morfontaine pour 387 000 l, se réservant les petits hôtels qu'elle loue.






Acheté en 1836 par  Joseph Delfau baron de Pontalba, pour 600 000 francs de l'époque, l'hôtel de Poyanne est  démoli en 1842 pour la reconstruction par l' architecte Louis Visconti de l' hôtel actuel dit de Pontalba. Il est ensuite racheté, sur licitation, à la succession, en 1876, par le baron Edmond de Rothschild. et enfin  et enfin acquis par les Etats Unis. Il est aujourd'hui la  résidence de l’ ambassadeur des USA



Saint-Mandé

Outre son hôtel particulier, le marquis de Poyanne dispose de sa "maison de campagne" à Saint-Mandé près du bois et du château de Vincennes. Il y fait même venir de Poyanne des plants de pêchers pour son verger.
C'est en effet à Saint-Mandé que se trouve la capitainerie des chasses royales de Vincennes dont il est titulaire en second, sous le duc d'Orléans.Le duc de Luynes précise: "On pourrait croire que M. de Poyanne n'est que le lieutenant ou capitaine en second; mais je sais d'ailleurs qu'il a le titre de capitaine ( lettre du 4 novembre 1752)

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Il est donc évident que le Marquis de Poyanne n’a que rarement séjourné en son château landais, hormis des visites annuelles d'inspection, occupé qu’il était entre garnisons, campagnes militaires, résidences à Paris et à  la Cour de Versailles.
A sa mort on sait qu’y résidait un concierge, ancien carabinier, et quelques domestiques, et qu’un régisseur s’occupait du domaine. On a trace de Leonard Toupi, dit Lavalette, ancien dragon et major d'un régiment de cavalerie, régisseur, mort en 1813 à l'age de cinquante trois ans. Plusieurs carabiniers de ses régiments semblent d'ailleurs avoir été employés par le marquis en son château.


Le Marquis de Poyanne,
Le chapeau rétapé,
Fit un falut à l'âne,
Car il s'étoit trompé.
Jofeph dévotement, quittant fa patenôtre, ,
Dit pour excuTer ce Seigneur.-
C'eft la coutume, mon Sauveur,
Qu'un âne gratte l'autre.
(mémoires secrets ou journal d'un observateur - M de Bachaumont-Londres 1777)


A cette occasion M. de Poyanne a régalé d'un exercice mesdames les comtesses de la Suze et de Surgère,et la marquise de Châtre; et ensuite, en général français qui sait son métier, il les a fait danser sur le champ de bataille , qui étoit notre parc,au son des trompettes et des clairons. Voilà ce qui s'appelle faire la guerre.

(lettre de M de Cosson à M de Voisenon La Fleche 16 06 1765)

Le marquis de Poyanne était un courtisan suffisamment à la mode pour faire l'objet de couplets médisants. Ainsi en 1775:

Martinville est charmante
Et fera son chemin
Si l'amour la contente
Jugez de son destin!
Attendant ce moment, Poyanne s'en occupe;
Il est aimable, il est galant,
Bien retapé, et bien payant,
Mais il n'est que sa dupe.
(L.F. Metra - Correspondance littéraire secrète T II p 309)

( Mme de Martinville étant la belle veuve d'un fermier général, peu sauvage dans ses rapports avec les courtisans et le roi lui-même, et dont le marquis était à l'époque une ami "très intime")

Déjà, en 1741, Saint Simon, au courant de tout, parlait de sa liaison et de son éventuel mariage avec Mademoiselle de Montcavrel ( Diane Adélaide de Nesle),dite "la grosse réjouie",  qui, comme ses soeurs, fut une des maîtresses de Louis XV,  ( le roi la maria à Louis de Brancas duc de Lauragais).



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création de l'école de cavalerie de Saumur






Après les déboires de la Guerre de Sept Ans, et en particulier la déconfiture de la cavalerie à la bataille de Minden, on décide d'une réorganisation générale des armées royales et en particulier d'un renforcement des régiments . Une réforme du 21 décembre 1762 établit une cavalerie de 30 régiments et le régiment d’élite des Carabiniers.



En avril 1763, l'Etat-Major et la première brigade des Carabiniers du Comte de Provence, venant du Mans, arrivent à Saumur.Cette installation à demeure est renforcée l'année suivante par la venue de la deuxième brigade, précédemment à Angers.

Poyanne, lieutenant-général des armées du roi et colonel commande au nom du Comte de Provence agé de huit ans. Sous ses ordres, le baron de Livron major général (Ignace d'Abbadie, un béarnais), le comte de Chataigner aide major général,cinq lieutenants colonels et cinq premiers capitaines. les deux premiers brigades ont donc à leur tête deux officiers généraux et onze colonels. La vingtaine d officiers ordinaires appartiennent à des familles titrées et jouissent pour la plupart dune fortune considérable.




Les autres brigades du régiment sont installées dans les villes voisines, mais c'est Saumur qui devient le principal point d'ancrage de cette unité. En 1765, tout l’état major reçoit la même destination, toujours sous les ordres du marquis de Poyanne.

Ce régiment compe 80 officiers et de 1000 à 1500 hommes selon les périodes, constituant ainsi l'unité de cavalerie légère la plus nombreuse de France, voire d'Europe, alors même qu il n'existe pas de caserne.

En 1764, Choiseul, ministre de la Guerre, chargé par Louis XV de réorganiser la cavalerie, se range à l'avis de M de Poyanne, qui a déjà fait construire un manège et envisagé la question de faire construire un quartier de cavalerie, et choisit Saumur pour la construction des bâtiments de l’une des cinq écoles d’équitation qu’il souhaite créer, et d abord prévue à La Flèche ( les autres à Metz, Douai, Besançon et Paris) où Poyanne reçoit le ministre .le 28 septembre 1764 et donne un souper de 200 couverts au grand réfectoire des Jésuites.
La construction des nouveaux bâtiments de Saumur est préparée par les ingénieurs de la généralité de Tours, Jean-Baptiste de Voglie et François-Laurent Lamandé, assistés sur place par François-Michel Lecreulx. Après le manège, les grandes et les petites écuries, s'élève la caserne réalisée par l'entreprise Cailleau.

Le 25 septembre 1766, Choiseul  vient à Saumur, à la fois pour inspecter le régiment des Carabiniers et pour vérifier les travaux en cours. L'accueil y est princier, il y est reçu en grandes pompes. Le régiment est au grand complet. La ville accueille 810 hommes et 780 chevaux supplémentaires. Le ministre se déclare satisfait par les exercices qui lui sont présentés. L' instruction de ce beau corps dans l'équitation et les manoeuvres avaient atteint un tel degré de perfection qu'après 1767 chaque régiment de cavalerie devait envoyer à Saumur quatre officiers et quatre sous officiers.choisis pour y puiser les principes qui sont mis en pratique avec succès.

La construction de la caserne est achevée en 1770.

En 1771, suite aux mesures d'économie prises après la disgrâce de Choiseul , les  écoles d'Equitation sont supprimées, à la seule exception de celle de Saumur.La cause est entendue, Poyanne triomphe.

Mais alors que ses nouveaux locaux viennent d'être achevés, le corps des carabiniers quitte périodiquement Saumur. En 1772, toutes les brigades sont parties, soit pour Metz, où s'installe l'état-major général, soit pour Lunéville. Cinq escadrons reviennent à Saumur et dans les villes proches dans les années 1775-1781. En 1774, Louis XVI devenant roi, son frère puiné, le comte de Provence, prend le titre de " Monsieur ". et son régiment change de nom mais surtout, il change souvent de résidence. Ainsi de 1782 à 1786, et enfin, définitivement en 1788, à la suite d'une nouvelle réorganisation militaire du 17 mars, le corps des Carabiniers de Monsieur est divisé en deux régiments, qui sont envoyés dans l'Est. pour Luneville. En raison de la mobilité des troupes et des contre-ordres continuels, les Carabiniers ne séjournent donc pas en permanence à Saumur

L'école est supprimée après la Révolution en 1790 par la nouvelle République. Le titre d'Ecole d'Equitation a finalement disparu et c'est surtout la construction d'un bel ensemble de bâtiments adaptés et la présence de vastes terrains qui expliquent le retour d'une Ecole de Cavalerie au début du siècle suivant. Il reste que M. Poyanne est le premier commandant de l'école de cavalerie dont est issu le célèbre cadre Noir.

En réalité, le marquis est rarement présent à Saumur, car c'est aussi un courtisan ( voir autre article). Ce qui n'empêchera pas le Comte de Provence, futur Louis XVIII, de déclarer: « ... ma confiance envers M. le marquis de Poyanne, et la connaissance que j' avais de son mérite, me faisait entièrement reposer sur lui ».
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On garde divers témoignages des revues et grandes manœuvres, réunissant les cinq brigades formant le magnifique corps des carabiniers qui étaient organisées chaque année et duraient un mois. Ainsi, après les manoeuvres de 1767, le régiment se rendit à Compiègne où Louis XV en passa la revue au mois d’août. Ainsi, le 9 aout 1767, Poyanne commanda la revue des carabiniers devant le Roi, le duc d'York, la Cour, et plus de 300 officiers généraux. Le roi lui fit l 'honneur de souper sous sa tente.

On dit qu' à cette occasion le marquis refusa toute grâce et gratification du roi , "sa fortune le mettant en état de suffire à cette dépense extraordinaire". Le roi, quant à lui, manifesta le souhait que ce beau corps fût vu par sa bonne ville de Paris.

Grand uniforme des officiers: habit bleu, revers, doublure et parement écarlate avec large broderie en paillettes d argent, boutons d argent, culottes blanches, chapeau brodé en lames d argent, panache blanc. Chevaux noirs, selle de velours, housses et caperons de pistolet pareils,le tout garni de trois galons d’argent; les bosselettes, les boucles de la bride, le bridon étaient en argent. Les rubans de queue et de toupet étaient écarlates avec un pompon et les bouts ornes d une frange d argent au milieu.

Carabiniers

On retrouve également M de Poyanne recevant et accompagnant, le 17 juin 1777 , l’ empereur Joseph II d’Autriche, frère de la reine Marie Antoinette, venu à Saumur dans le seul désir de voir manoeuvrer le corps royal de Monsieur. Les carabiniers, flattés de l’estime d'un si grand prince, lui avaient préparé la plus magnifique réception, visite de la caserne, du manège, des écuries, défilés, manoeuvres et évolutions d infanterie.


Jusqu'en 1763, le costume des carabiniers se composait d'un habit, d'un petit collet et d'un manteau bleus, avec doublure et parements rouges, boutons d'étain de trois en trois sur l'habit, un bordé d'argent sur les manches et sur les épaulettes, buffleteries blanches bordées d'argent, chapeau bordé d'un large galon d'argent, cocarde noire, veste et culotte de peau ; l'équipage bleu bordé d'argent. Ils prirent en  1763 l'habit bleu à la française, avec revers, collet et doublure rouges, galon d'argent aux parements et aux boutonnières ; équipage bleu galonné de blanc.

"Ce général ne voulait que des gens riches ou d'un grand renom pour officiers, et des grands hommes pour carabiniers. Quelques uns avaient été tirés du gibet par Poyanne parce qu'ils étaient beaux hommes. Ces gens se battaient souvent. J'ai même été leur chirurgien et quelquefois le combat était un vrai duel, quelquefois un assassinat"
mémoires du chirurgien Charles Boucher


Janvier 1776– C’est l'époque des ordonnances et Poyanne défend ses carabiniers et contre les spéculations réformatrices du comte de Saint Germain estimant ce corps privilégié trop dispendieux souhaitant réduire le nombre d escadrons, réduire les appointements
Le marquis de Poyanne, dans une dispute très vive qu’il a avec le rigide Comte de Saint Germain, secrétaire d'Etat à la guerre, au sujet des carabiniers, a fait tant d'éclat que le bruit en en parvient aux oreilles du roi; que le monarque indigné en parle à son ministre, lui demande si ce commandant ne lui avait pas manqué de respect, et lui promet de le faire arrêter si cela était, et de le punir exemplairement. Le roi apprend tout cela du fait que Poyanne a l’indiscrétion de se vanter de sa démarche et même d’écrire au roi une lettre très forte à ce sujet, la discussion ayant dégénéré en querelle personnelle assortie de menaces.


Mais, ajoute l'auteur de l'anecdote, « M. de Saint Germain, trop faible, s’est piqué d'une générosité déplacée, a dissimulé la faute de cet insolent, et a calmé le courroux du monarque ».
« Ce qui me rend furieux, c’est de voir ce marquis de Poyanne conservé dans tous ses honneurs, prérogatives, émoluments, et qu’à force d'insolence cet officier général ait fait faiblir le ministre à son égard » ..."Sa Majesté vient de l'exiler dans ses terres"







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le fiasco de Minden



Bataille de Minden le 1er août 1759
Défaite de l'élite de la cavalerie française



Lors de la guerre de Sept Ans, l'armée française du maréchal de Contades,  comptant plus de 50 000 hommes, venue dans le Hanovre britannique, s'était établie aux abords de la ville de Minden en Rhénanie-Westphalie, prise par le duc de Broglie au début du mois de juillet 1759. Ferdinand de Brunswick , commandant une armée anglo-prussienne forte d'environ 40 000 hommes vint l'y défier pour provoquer une bataille rangée. 

La rencontre eut lieu au matin du 1er août .


Le marquis de Poyanne commandait , au centre et en troisième ligne, la réserve de cavalerie jusque là toujours ménagée. Sous ses ordres étaient dix-huit escadrons de Gendarmes, Chevaux légers et le corps d'élite de ses Carabiniers:



Sous ses ordres étaient 10 escadrons de Carabiniers + 8 escadrons de la Gendarmerie de France (de la Reine, Aquitaine, Berry, Bourgogne, Dauphiné, Flandres, Orléans, Anglais, Ecossais) et des Chevaux-Légers ( de la Reine, du Dauphin, Aquitaine, Berry, Bourgogne, Orléans)



Vers neuf heures, à la demande du maréchal de Contades après deux charges infructueuses de la cavalerie française, Poyanne, à la tête de cette masse de deux mille cavaliers d'élite lancée à fond de train, aborda l'infanterie hanovrienne de Sporcken, de flanc et à revers, et remporta quelque succès, perça la premiere ligne, mais échoua contre la deuxième que venaient de renforcer six bataillons du géhéral Scheele et une partie de ceux de Wutgenau. Plusieurs heures sous le feu de deux batteries d'artillerie allemandes, s'écrasant contre une infanterie anglo-hanovrienne bien organisée, et sans le secours alors nécessaire  de la cavalerie qui avait livré les premiers combats, il y subit de très lourdes pertes avant de devoir battre en retraite. Il  perdit 700 hommes et 69 officiers  et fut lui-même blessé d'un coup de feu et de plusieurs coups de sabre et transporté à Cassel( il sera à nouveau blessé d'un coup de baïonnette et d'un coup de feu à Todenhausen au cours du mois suivant).

 Cet échec historique de soixante trois escadrons de cavalerie contre de l'infanterie scella le sort de la bataille 



La défaite fut retentissante et mit fin au prestige de l'armée française. Elle motiva le rappel  de Contades et son remplacement, puis la réorganisation  des régiments de cavalerie.




" Vous voulez bien me faire le détail de quelques circonstances de ce qui s'est passé de la part de la cavalerie à la malheureuse affaire du 1er de ce mois. J'y vois que la cavalerie a chargé avec tout le courage possible, mais en détail et non par une disposition générale; il y aurait trop à dire dans une lettre, et je n'ai pas le temps. Il ne m'entre pas dans l'esprit que 60 escadrons en plaine ne puissent pas rompre et fouler aux pied 9 ou 10 bataillons, tandis que je vois que dans le même lieu, et un moment après, une poignée de cavalerie ennemie a sabré, renversé et mis en déroute 4 de nos brigades d'infanterie, qui composaient en nombre un tiers de plus de combattants que les bataillons anglais qui ont repoussé nore cavalerie".
lettre du maréchal de Belle-Isle au marquis de Castries

" Mais pourquoi dans cette bataille cette première ligne de cavalerie qui nous avait précédé ne s'est-elle pas reformée en seconde ligne, drrière nous, pour empêcher, après la charge vigoureuse de notre corps de réserve, l'infanterie ennemie de se relever, de se remettre en ligne et de gagner cette bataille par son feu destructeur ".
mémoires du chevalier de Ray


Poyanne sans doute meurtri par ce désastre et préoccupé sûrement par sa carrière, n'attendit alors que la paix.

" Dans le moment j'apprens de bonne source une nouvelle qui vaut la peine d'être écrite. Les officiers anglais du prince Ferdinand ont fait proposer aux officiers français de notre armée, les uns disent par un trompette, les autres par le commissaire des échanges, un pari de 4.000 guinées que la paix serait faite le 15 septembre. M. de Poyanne, associé avec plusieurs officiers, en a déjà couvert 3.000. Il dit qu'il en couvrira encore 500 si M. le Maréchal veut couvrir les 500 qui resteront. On est persuadé que le tout sera couvert sans celà ".
lettre d'un officier d'artillerie en août 1760.

portraits du marquis




Portrait du marquis de Poyanne

huile sur toile 0,610mX0,500m anonyme de l'école française 18eme siècle

musée de l’armée Paris - inventaire n° 21978;Ea709




détail






portrait acheté par la ville de Dax à la duchesse de Montmorency en 1967
musée de Borda- Dax -

portrait equestre






Portrait équestre de Charles Léonard de Baylens, marquis de Poyanne (Toile - 249 x 183 cm - numéro au pochoir sur le châssis 55)


détail

Cette toile de l'école française vers 1780 (249 x 183 cm) faisant partie d’une vente aux enchères le 21 novembre 2007 à Drouot chez Pierre Bergé & Associés, atteint le sommet de la vente des tableaux, à 80 000 euros, et aussitôt préemptée par le département des Landes en janvier 2008 ( pour 96 266 euros ) pour rejoindre sa demeure d'origine, le château de Poyanne, après sa restauration à Versailles.Provenance : - Château de Poyanne - Par parenté, collections Talleyrand, Prince de Chalais, Château de Chalais - Vente Château de Chalais, Paris, Hôtel Drouot, 15 décembre 1894 (Me Trouillet), n° 2. Acquis par un membre de la famille, Château de… , puis par descendance Charles
Léonard de Baylens (Dax 1718 - Vendôme 1781) épouse en seconde noce Marie Augustine Erard de Ray.

Il est représenté en habit d'uniforme du corps des carabiniers tel qu'il fut modifié par une ordonnance de Choiseul en 1762 : la cuirasse est abandonnée au profit d'un justaucorps en drap bleu et rouge, orné de parements en galon d'argent, d'une culotte et d'un gilet de couleur crème, de bottes et d'un chapeau noirs.
Il possède également un sabre droit et une paire de pistolets. Le marquis commande ce régiment au nom du comte de Provence, futur Louis XVIII, depuis 1758.
Il est mestre de camp comme l'indique l'épaulette à franges argentées de son uniforme, et, à un rang plus élevé, lieutenant général et inspecteur des armées du Roi. De même, puisqu'il a été reçu Chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit en 1767 à Versailles, il arbore les insignes de l'Ordre : la plaque cousue sur sa poitrine gauche et le cordon bleu sur lequel est suspendu la croix de Malte.

Ce tableau est le pendant du Portrait de Marie Augustine Erard de Ray, Marquise de Poyanne qui figurait à la vente anonyme, Paris, Hôtel Drouot, 13 juin 2007 (Me De Maigret), n° 62.


Une reproduction de ce tableau est par ailleurs installée à l'entrée du musée de la cavalerie de Saumur dont il fut le premier commandant



Octobre 2008

la mort du marquis

21 septembre 1781

" M. le Marquis de Poyanne menaçant ruine depuis longtems, Monsieur avait donné la survivance des Carabiniers à M. le Comte de Chabrillant, un de ses Capitaines des Gardes du Corps. Le moment de l'inspection & de la revue approchant, M. de Poyanne, déjà piqué de se voir nommer un successeur, & apprenant qu'il se disposoit à remplir ses fonctions, n'a pas voulu les lui laisser faire, & malgré toutes les représentations de sa famille & de la Faculté, a voulu absolument se rendre à Vendôme où sont les Carabiniers: il a effectivement fait sa revue, mais n'a pu en terminer le travail; il est mort comme il s'en occupoit.
Un père Chartreux, autrefois Capitainr des Carabiniers, était sorti de sa retraite pour convertir cet Officier général, qui depuis peu de tems avoit été en personne à sa paroisse y remplir les devoirs de la religion d'usage en pareil cas: ainsi nulle inquiétude sur son salut.
Du reste, M. de Poyanne est peu regretté; c'étoit un Chef sans humanité, dur & haut; qualités peu propices au commandement."

Mémoires secrets pour servirà l' histoire de la république des lettres en France -1782-


acte de décès

Agé de soixante trois ans, le marquis était mal en point depuis plusieurs mois. En mai 1781, un contemporain écrivait: " M. le Marquis de Poyanne qu'on regarde comme ne pouvant aller loin, à raison d'une hydropisie de poitrine dont il est attaqué ". En juin, un autre écrivait " M. de Poyanne est désolé, ne veut plus faire de remèdes, et a les jambes ouvertes ". Victime d'une dernière attaque le 20 septembre , il est inhumé le lendemain à Vendôme.
Sa tombe en marbre avec épitaphe en lettres d'or est évoquée dans le
Bulletin de la Société archéologique, scientifique et littéraire du Vendomois - Vendôme (France) - 1886 - Page 206 - dans les cloitres de l'abbaye de la Trinité. Mais, en mai 1793, un corps de troupes de volontaires de Paris se rendant en Vendée profana église et tombeaux, violant les sépultures, démolissant les caveaux et dispersant les restes.
Il fut alors exhumé et " enterré, avec son cercueil en plomb et son épitaphe, dans le grand cimetière". Il y rejoignit ainsi les restes de Jeanne d'Albret, la reine de Navarre et mère d'Henri IV, dont le caveau de la collégiale Saint Geoges avait subi le même sort.




la premiere marquise




Charlotte Louise Antoinette Madeleine du Bois de Fienne, marquise de Leuville
Première femme de Léonard de Baylenx
épousée à Versailles le 8 mars 1745

détail


Elle est fille de Louis Thomas du Bois dit Olivier marquis de Leuville, de Vandenesse et de Givry, lieutenant général des armées du roi, mort de maladie le 3 avril 1742 ( il avait 74ans! ) devant la place d' Egra en Bohème où il commandait contre les Autrichiens - et de Marie Voisin, seconde fille du chancelier de France
Elle hérite du marquisat de Leuville à la mort de son frère à guerre d'Italie 

Portrait commandé par le marquis de Poyanne à Jean-Marc Nattier. daté 1756

Toile : H. 0,82m ; La. 0,66 m

Inscriptions S. D. b. d. : Nattier pinxit 1756

Paris - musée du Louvre - département des Peintures.

Origine: Collection du baron de Ray, puis du Dr Labaurie. Collection du comte Pierre Eugène Daupias de Lisbonne, puis adjugé à la vente, à Paris, en mai 1892, au prix de 25 300 francs. Collection du baron de Koenigswarter, Vienne, en 1898, puis vendu à Berlin le 20 11 1906 au prix de 62 000 marks

Acquis pendant la guerre 1 400 000 F chez Hermsen le 6 juillet 1944 par un représentant du Dorotheum et revendu 250 000 RM le 29 juillet 1944 pour le futur musée de Linz projeté par Hitler . Récuperé à la fin de la guerre au Central Collecting Point de Munich , et finalement attribué au musée du Louvre par l’Office des Biens et Intérêts Privés en 1950 ; déposé au Mobilier national de 1959 à 1999.




Pour ce portrait « mi-corps ». Nattier se contenta d’associer le visage de la marquise au corps du tableau qu'il avait peint en 1735 pour madame Dupleix de Bacquencourt, née Jeanne-Henriette de Lalleu




domaine de Leuville-sur- Orge, sur la route royale d'Orléans à Paris, près de Montlery